Voiteur, dans le Jura.
Six heures du matin, c'est l'heure des montgolfières et des colleurs d'affiches. Nous avons tous deux en commun le goût des voyages irraisonnés, l'ivrese de l'altitude, la recherche d'un nouveau point de vue sur le quotidien - église-boucherie-carrefour que nous connaissons pourtant par coeur boulange-tilleul-amour et ce souffle de feu et de courage qui fait monter, monter, monter les âmes vers la lune déserte et inexplorable.
"Tu es poète" au gros pinceau à la sortie du camping. J'ai dormi dans une caravane ERIBA des années 80 au plafond trop bas pour mon crâne. "J'appelle poète" sur la cabine électrique derrière l'église. Et juste en face, à la chaux sur le sol "Tu te trouves exactement au bon endroit pour lire quelque chose de beau". La fontaine en trois affiches collée sur ce coin de rue. Parfait. Et la vache qui court sous la pluie dans cet encadrement de fenêtre murée. Le sol devant le podium aura les mots "S'il te plume, s'il te plâtre, s'il te plaît..." et à l'entrée du festival, le classique "C'est le chant qui tient les arbres debout, non le cuir des portefeuilles" toujours efficace. Il est question dans ce festival d'Afrique, de forêt et d'anti-colonialisme. Ce n'est pas pour rien que cela s'appelle "A l'ombre du baobab". Thierry Combe, du pocket théâtre est venu cet été jouer sur le marché de Sachangy sans demander de cachet. Alors je suis ici dans les même conditions. j'y songe en collant l'affiche de la pieuvre au pied d'un immeuble : "Dans Nouveau monde, il y a Nous. Ca veut tout dire. Dans capitalime, il y a Pital. Ca ne veut rien dire..." Nous tenons le nouveau monde en main. Le soleil se lève à peine.
En retournant au camping, j'écris encore "Google sait que tu penses que Google croit que tu imagines que Google sait..." c'est là toute l'énigme du jour.
















































